Elle …

Elle,

je la réconforte quand elle pleure,
Je lui passe ses caprices,
Je lui pardonne ses bêtises,
Je la soigne quand elle est malade,
Je la nourris quand elle a faim,
Je la couche le soir, en l’embrassant  » bonne nuit, fais de beaux rêves, dors bien ».
Tu dois croire que je te parle d’hulkette, mais ce n’est pas le cas ( même si je fais aussi tout ça pour elle, bien sur).
En vérité je te parle de ma mère, celle qui aurait dû faire tout ça pour moi.
Dans les bons jours, elle est adorable, parfois un peu relou mais comme toutes les mamans non?
Dans les mauvais, rien ne va.
Elle te montre a quel point elle se sent au bord du vide se fichant pas mal de tes sentiments à toi.
Tu peux lui dire que tu ne vas pas bien mais ça ne sert à rien car plutôt que te demander pourquoi, elle dira  » ah bah moi aussi, franchement j’en peux plus entre ça ça et ça … ».
Quand je lui dit que hulkette a bien poussé, elle ne trouve rien de mieux à ajouter que  » c’est le poids que faisait ta sœur quand elle est morte ! »
Elle s’accroche au négatif, semble se complaindre dans son malheur.
Chaque personne qui décéde dans son entourage gagne sa place d’honneur au dessus de sa cheminée, même celles qu’elle ne faisait que de critiquer de leur vivant.
A l’enterrement de mon cousin de 20 ans, elle s’assoit en pleurs aux côtés de ma tante ( qui est célibataire et vient de perdre son fils unique), et lui dit qu’elle la comprend car elle a connu ça avec sa fille perdre un enfant ( 30 ans plus tôt), et voilà tout le monde de la consoler ignorants complètement la détresse de sa sœur.
Je me souviens quand on étais plus jeune et que chez mes grands parents elle se faisait plaindre, car c’est pas facile de se retrouver seule à élever ses enfants après le divorce. Et nous nous prenions des reproches: il faut aider votre mère hein!!
Je me rappele que je me disais en moi même, je ne sais pas comment on pourrait l’aider plus hein, à la maison elle ne fait déjà rien, mon frère nous fait à manger, nous on fait la vaisselle, le ménage, et le babysitting de maman. L’entendre dire a quel point c’était dur pour elle me faisait surtout penser que oui effectivement c’est dur de s’élever en tant qu’enfant quand tu as aussi une maman a gérer.

Après voilà je sais que la dépression c’est pas facile tout ça, mais j’ai du mal à tout lui mettre sur le dos à cette maladie. Je pense qu’il y a autre chose aussi j’arrive juste pas a mettre le doigt dessus

Elle, je l’aime presque autant que je la déteste en fait.
Un jour elle m’a demandé de faire une choix:
« tu préfère être malheureuse et riche ou être heureuse et pauvre ? »
J’avais douze ans, j’ai choisi le bonheur mais, à ce moment là, j’étais loin de me douter que la promesse ne serait qu’a moitié tenue.
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4 Comments

  1. Ninie

    Sauf que la promesse du bonheur elle n’est pas qu’a moitié tenue… Certes elle est entachée de cette absence, ou plutôt de cette présence parfois navrante mais le bonheur, ton bonheur à toi et rien qu’à toi tu l’as. Spider papa, Hulkette, et little baby en route prouvent que finalement on ne devient pas tous comme nous avons été élevés ou alors c’est vraiment que vous vous êtes bien élevés tous les trois! Oui il y a ce point noir, maladie ou pas la question subsistera, mais pour vous avoir vus grandir seuls, je sais que tu n’as pas besoin d’elle pour être heureuse, parfaitement heureuse. Profite de ce que tu as… la plus malheureuse ce sera elle, car elle ne pourra pas partager ces instants particuliers de bonheur intense auprès de ses enfants.
    Continue à construire et à profiter de ton bonheur, cela te va à merveille!!! <3

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